L’Huîtrière va fermer – Les autres haltes culinaires historiques de Lille

L'Huîtrière
Le couperet est tombé dans la presse le 23 février : le restaurant de la rue des Chats-Bossus dirigera son dernier service le 28 mars 2015. Une sentence pour tous les gastronomes qui ont à cœur de défendre, comme moi, les emblèmes gourmands ch’tis.
Pour les nostalgiques, et ceux qui d’ici là n’auront pas la chance de pousser leur visite de la capitale des Flandres jusqu’aux portes de l’Huîtrière, je vous propose de faire le point sur les autres adresses historiques de Lille. Histoire de ne pas avoir, peut-être un jour, d’autres regrets…
Aux moules, 34 rue de Béthune

Aux Moules

Flânez sur la Grand’Place jusqu’à la rue de Béthune et interrogez les passants pour connaître le restaurant historique du coin. Tous ne manqueront pas de pointer du doigt celui qui est au cœur de l’agitation commerciale, à côté des cinémas UGC : Aux moules. Sans le savoir, vous connaissez déjà ce restaurant. Si vous avez déjà vu un reportage à la télévision lors de la Braderie, les images des tas géants de coquilles vides ont été immanquablement tournées ici.

Deux ans seulement après l’ouverture de l’Huîtrière en 1928, le restaurant Aux Moules démarre sa légende dans un tout autre esprit. Si l’adresse de la rue des Chats-Bossus atteint sans mal les sommets gastronomiques – merci la sérénade de la découpe du turbot en salle, Aux Moules joue dans une autre cour, celle de la cuisine populaire. Les badauds s’y arrêtent, chargés de sacs de shopping. Ils sont Belges, Anglais, Hollandais, ou du coin. Le déjeuner est une halte forcée pour qui veut déguster la vraie « moules-frites du Nord ». Vous y salivez de moules marinières, à la crème… La gamelle est un peu plus chère qu’ailleurs, mais l’histoire se paye (entre 18 et 25 euros). Dans une ambiance de brasserie des années 30, vous n’aurez aucun complexe à oublier la fourchette pour préférer la coquille vide des moules, finalement plus pratique pour la dégustation. Une réservation au moment de la Braderie de Lille est évidemment l’expérience ultime. Mais, Aux Moules est pris d’assaut, et le dîner (si vous parvenez à vous frayer un chemin jusqu’à l’entrée du restaurant !) vous paraîtra sans doute « express »… A bon entendeur.

La Chicorée, 15 place Rihour

La Chicorée

A quelques mètres de là, traversez la place Rihour, et vous tomberez nez à nez avec le grand rival d’Aux Moules. Et voici la Chicorée, adresse centenaire. J’avoue avoir longtemps entretenu une passion pour cette adresse emblématique de Lille, dont le nom est un formidable hommage à la région. Pourtant, je ne suis même pas de ceux qui ont déjà profité du service très tardif (jusqu’à 6h le week-end). Car la Chicorée est le seul restaurant ouvert accueillant les oiseaux de nuit. Cf. spectateurs d’après concert, personnalités et autres artistes… Groupies, vous savez maintenant où vous rendre si vous ne connaissiez pas encore ce « spot » à paillettes. En fait, adolescente, j’adorais y venir déjeuner avec mon père, ou dîner avec ma mère après un concert. Le cadre imaginé à la gloire du Nord et les photos des artistes ayant déjà commandé ici embellissaient la sortie. Et pardon pour Aux Moules, mais j’y commandais généralement des moules à la crème. En dessert ? La gaufre s’imposait. J’avoue que le choix méritait toujours réflexion, puisqu’à quelques pas seulement j’aurais pu m’offrir « The » gaufre du Nord, la très bien nommée Mignon, qui officie depuis 1903. Pour un autre type de passage gourmand historique, vous passerez à la Foire de Lille pour savourer les croustillons de Mignon, le magasin de la rue de Béthune a fermé depuis…

Clément Marot
16 rue Pas

clément marot Lille

En voilà un numéro qu’il ne faut pas rater ! En face de la salle de spectacle du Nouveau Siècle, Clément Marot incarne la définition du mot « Chef » : un passionné de cuisine qui n’a que pour religion le produit frais. Toute petite, lorsque mes parents ont appris à ma sœur et à moi-même à apprécier les sorties au restaurant, j’entendais déjà parler de ce Clément Marot. Rien n’est rationnel dans la vie, et il m’aura fallu 30 ans pour déguster la cuisine de Clément Marot. Une symphonie de produits de la mer et de saveurs locales. Le Chef est à lui seul une Histoire. Une histoire parce que vous pouvez avoir la chance, comme moi, qu’il s’asseye à votre table pour vous raconter son plat du jour, et une Histoire parce qu’il est le descendant de Clément Marot, poète cadurcien. Sachez que la star lilloise n’est pas seul maître derrière les fourneaux. Il compose sa carte aux côtés de François Vandeweghe. Et puisque le sujet de prédilection de www.winenotcook.com est bachique, vous apprendrez que Clément Marot est une adresse toute trouvée pour faire des découvertes intéressantes. La tâche est facile pour les restaurateurs. Ils sont à la tête d’une cave de plus de 5.000 flacons…

En ajoutant à ce récit l’Huîtrière, son bar à huîtres et son service traiteur qui continueront de régaler malgré la fermeture du restaurant, l’Histoire se termine ici. Pour compléter votre promenade gourmande et historique, ne vous arrêtez surtout pas aux portes de Lille ! D’autres adresses mythiques dans l’agglomération méritent amplement une visite. La Marmite du fameux Pierrot, le cuisinier cathodique star des années 90, qui officiait pour l’émission « Goûtez-moi ça », continue d’accueillir les estomacs qui ont faim de cochons et de produits tripiers à Capinghem.

Et les haltes sucrées…

meertEnfin, pour terminer sur les adresses historiques, ce tour culinaire ne serait pas complet sans la présence sucrée de Meert. La gaufre lilloise se sert toujours dans son magasin historique de la rue Esquermoise, dans l’écrin baroque de son salon de thé, ou derrière le comptoir. Vous devrez jouer des coudes avec les touristes qui ont bien compris que la boutique était l’attraction gourmande à ne pas rater à Lille. Pourtant, la spécialité popularisée par la maison depuis 1849 est bel et bien flamande et s’achète sans fioriture de l’autre côté de la frontière, en Belgique.

Vous retrouverez davantage les Lillois plus loin, toujours dans le Vieux Lille, Aux Merveilleux de Fred. La pâtisserie n’est pas mythique au sens de son âge, mais elle l’est depuis que son petit gâteau fondant et croustillant a affolé les papilles des autres Français, des Londoniens… et même des New-Yorkais !

J’aurais pu aussi vous emmener faire un tour auprès des adresses qui composent chaque jour leur service dans un cadre historique : cour du 18e, relais de poste, couvent, chapelle… Alors, à bientôt !

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Un commentaire

  1. Merci pour cette belle balade dans le Nord………

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